#1
lE DEUIL
PÉRINATAL

raconter

MARGAUX

« J’ai 34 ans, je suis la maman de Timothé et de Simon. Je dirais que je suis quelqu’un de drôle, de sociable et control-freak !

 

L’année dernière, j’ai  perdu mon premier enfant, Timothé, à 8 mois et demi de grossesse.

 

J’ai voulu partager mon histoire car je me dis que si ça peut aider ne serait-ce qu’une personne, ce sera déjà énorme pour moi. »

DANS CET ÉPISODE

MARGAUX PARTAGE SON CHEMIN DE RECONSTRUCTION aPRÈS UN DEUIL PÉRINATAL

Elle nous livre sans artifice son témoignage après la mort in-utero de son fils Thimothée, à 8 mois et demi de grossesse. Elle nous dit sa tristesse, sa colère sa haine, et les maladresses de son entourage. Mais aussi les épreuves traversées pour parvenir à trouver du sens et à se reconstruire

SOUTENIR

les professionels

Marie Theunissen

Marie Theunissen est sage-femme à l’Institut Hospitalier franco-britannique de Levallois en région parisienne. Elle était présente lors de l’accouchement de Margaux.

 

“ C’est un nouveau né comme tout nouveau né donc on l’accueille de la même façon. ”

 

Dans cet épisode de LUNA, Marie nous raconte les étapes de l’accouchement d’un bébé mort in utero. 

Marie-José Soubieux

Marie-José Soubieux est psychiatre et psychanalyste. Pendant près de 15 ans, elle a co-animé un groupe de parole de mères endeuillées d’un fœtus ou d’un très jeune bébé.  Margaux y a participé pendant plusieurs mois.

 

Ce qui me paraît fondamental c’est de pouvoir être présent. D’être là même quand on n’a rien à dire, quand on n’a pas de mots qui pourraient venir apaiser mais simplement la présence. Ne pas prendre la fuite.”

 

Dans cet épisode de LUNA, Marie-José éclaire de son regard bienveillant et de son expérience le deuil de Margaux.

Écriture, réalisation et montage

Fanny de Font-Réaulx & Anna N'Diaye

intervenantes

Marie José Soubieux, psychiatre psychanaliste & Marie Theunissen, sage femme

design sonore

Raphaël Aucler / Studio Arigato

MUSIQUE ORIGINALE

Arigato Massaï

COMÉDIENS

Fleur Geffrier (la sage femme), Victor Dekyvere (le pharmacien), Stanislas Perrin (le gynécologue).

la production

Qui a contribué à ce podcast?

EXTRAITS DE L'ÉPISODE

MARGAUX

Je voulais plus m’accrocher à ce bébé qui était déjà plus là.

 

Ce qui m’est arrivé, donc la mort fœtale in utero c’est 1% des naissances.

 

Et tout d’un coup, tout s’arrête en une phrase.

 

L’annonce de la mort d’un bébé in utéro est vraiment un moment extrêmement difficile. Moi j’ai ce sentiment d’être tombée dans le vide et ce sentiment de vide qui reste très présent parce que bah on avait ce bébé qui bougeait et qui allait arriver, et tout d’un coup y a plus rien.

 

C’est une perte qui est difficile parce qu’on perd quelqu’un qu’on aime plus que tout mais qu’on connait pas. Donc c’est difficile d’expliquer aussi aux autres ce deuil, ce deuil là.

 

Ça a été un des moments les plus durs, le retour chez moi. Plus dur que d’accoucher, plus dur que l’annonce. Pour moi c’était le pire. De sortir de la maternité sans couffin, sans bébé, de prendre le taxi, de rentrer chez moi … sans mon bébé.

 

Les larmes, c’est aussi une façon d’être encore avec son bébé quand on pleure.

 

J’avais besoin de rencontrer d’autres personnes à qui c’était arrivé pour me sentir moins seule.

 

Le groupe de paroles, je pense que c’est ce qui m’a le plus aidée.

 

“Est ce que c’est votre premier” ? Ben non c’est pas mon premier. C’est mon deuxième et j’ai pas envie d’effacer le premier.

 

Petit à petit on pleure de moins en moins, on rit de plus en plus.

 

La tristesse devient plus douce entre guillemets.

 

ça me fait du bien en fait de l’associer à ce qui est positif, parce que sinon, sinon c’est trop triste. Sinon c’est juste un bébé qui est mort. Et c’est tout. Et moi j’ai besoin que ce soit plus.

 

On peut pas parler que des naissances, il faut aussi parler de la mort et la dédramatiser.

LES ACCOMPAGNANTS

C’est un nouveau né comme tout nouveau né donc on l’accueille de la même façon.

 

L’annonce de la mort d’un bébé in utéro est vraiment un moment extrêmement difficile.

 

Il est important que le médecin le dise de la façon la moins traumatisante possible et avec les mots les moins traumatisants possibles.

 

Parce ce que c’est ces mots-là qui vont rester.

Il y a aussi le sentiment d’être un peu ce cercueil vivant, où la mort et la vie cohabitent tout d’un coup.

 

Il s’agit d’un deuil dans le corps de la mère.

Cette colère, elle est extrêmement importante, elle est à respecter également. La colère contre le monde entier, la colère contre les autres femmes enceintes, la colère contre son bébé ben oui qui ne leur a pas permis d’être une maman, un papa comblés, et la colère contre soi qui n’a pas réussi à mettre au monde un enfant vivant qui va bien. Et cette colère elle est un peu un rempart contre le désespoir, parce que la colère c’est encore quelque chose de vivant, c’est quelque chose aussi qui nous rend, qui rend acteur la personne.

 

Si vous voulez c’est comme si le psychisme était en fragment, complètement éclaté. Et le groupe, par les paroles des mères et aussi la contenance que vont apporter les thérapeutes, il va réunir tous ces fragments.

 

Ce qui est important dans le groupe c’est de pouvoir tout dire sans être jugé. Et ça c’est extrêmement important parce que souvent autour d’elles dans leur entourage que ce soit familial ou amical ou professionnel, il y a toujours des remarques des phrases assassines.

 

Ce qui me parait fondamental c’est de pouvoir être présent. D’être là même quand on a rien à dire, quand on a pas de mots qui pourraient venir apaiser mais simplement la présence. Ne pas prendre la fuite.

LA JOURNÉE DU DEUIL PÉRINATAL EN REPLAY

À l’occasion de la Journée Mondiale du Deuil Périnatal, les associations Agapa et Luna ont organisé un évènement digital inédit.

 

Regardez en replay tous les lives de notre journée dédiée au deuil périnatal.